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Avr 29

Comment investir dans un parc éolien ? (partie 3/3)

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Après la théorie (voir les parties 1 et 2)… la pratique ! Comment faire pour acheter des parts d’un parc éolien. Et bien, c’est très facile : un projet se monte pas loin de chez vous, l’entreprise qui développe le parc fait une réunion publique et vous fait passer un formulaire pour investir. Mais ça, c’est en Allemagne et au Danemark !

1. Et en France, qu’en est-il de l’investissement dans les parcs éoliens ?

 

1.1. Un problème de mentalité (on dira de culture)

 

L’investissement participatif dans des projets de proximité n’est pas dans la mentalité française et c’est bien dommage. Cela a deux conséquences :

  • Les entreprises n’ayant pas ce réflexe pour financer leurs investissements. Ainsi, peu de parcs éoliens sont ouverts aux investisseurs anonymes.
  • Les particuliers épargnants n’ayant pas ce réflexe, les parcs ouverts à la souscription peinent à trouver des investisseurs.

 

1.2. Un problème sur le développement de l’éolien

 

On commence à voir des éoliennes tourner dans le paysage; il y a de beaux discours politiques sur l’éolien. Mais ce n’est qu’une façade, l’éolien en France est en panne ces temps ci.

 

Plusieurs raisons à cela :

  • Les contraintes administratives : quand une nouvelle filière arrive sur le marché, il y a d’abord une expansion anarchique, puis, normalement des règles se mettent en place pour canaliser le tout. Pour l’éolien en France, la première période a eu lieu au milieu des années 2000 et les règles ont commencer à venir durant la mandature précédente. Le problème c’est qu’une partie de la classe politique étant farouchement contre l’éolien, les règles mises en place n’ont donc pas eues pour but de canaliser le développement de l’éolien mais d’y mettre des bâtons dans les roues. Aujourd’hui, en Allemagne, il faut 4 ans entre le début d’un projet et le premier tour de pale. En France entre 8 et 12 ans quand le projet abouti (14% des cas seulement) !
  • L’opposition : Les opposants à l’éolien, très minoritaires dans la population (voir sondage IPSOS p29, 80% des français acceptent l’éolien dans leur département), sont très bien organisés et attaquent tous les projets en justice. Même si ces recours mènent à des non lieu, cela rend la procédure beaucoup plus longue et certains projets n’aboutissent pas faute de moyens.
  • Le raccordement au réseaux : l’instabilité législative sur les énergies renouvelables en France ces dernières années à empêcher RTE (filiale d’EDF qui gère les lignes haute tensions) de réaliser les investissements nécessaires à l’accueil de moyen de productions supplémentaires. Par conséquent, aujourd’hui les travaux sur le réseau électrique se font au cas par cas. C’est cher et c’est long !

 

Ainsi, depuis 2011, l’installation de nouvelles éoliennes en France à considérablement ralenti.

 

Avec 7500 MW d’éoliennes installées en 2012, la France est au 8ème rang mondial, très loin derrière les leaders : la Chine (75 000 MW), les Etats-Unis (60 000 MW), l’Allemagne (31 000 MW) et l’Espagne (22 000 MW).

(chiffre actualisé pour 2015 : France – 10 300 MW. Les leaders sont  : Chine – 145 000 MW, États Unis – 75 000 MW, Allemagne 45 000 MW – Inde : 25 000 MW)

 

Actuellement la France est très en retard par rapports à ses engagements Européens et internes (Grenelle de l’environnement).

1.3. Un investissement peu liquide

 

Dernier problème, l’investissement dans un parc éolien est peu liquide. C’est à dire ?

  • On n’investit pas n’importe quand : on investit une fois par parc au moment du financement.
  • On ne vend pas ses parts facilement : Si on veut vendre des parts, il faut trouver un acheteur (un peu comme pour un appartement). Sauf que le marché étant lilliputien, il n’est pas facile de trouver cet acheteur et encore plus complexe de trouver le bon prix.
  • On s’engage pour une durée de 15 ans minimum
  • On ne récupère pas de revenus immédiatement

 

1.4. Tout n’est pas si noir !

 

Les contraintes économiques, politiques et écologiques font que le développement de l’éolien va repartir très vite car :

  • C’est le moyen de production d’énergie renouvelable (hors barrages hydroélectrique) dont la technologie est la plus mature.
  • C’est l’énergie renouvelable la moins chère (hors barrages hydroélectrique).
  • C’est l’énergie renouvelable qui a le plus de potentiel d’installation en France (là c’est y compris l’hydroélectricité).
  • C’est l’énergie renouvelable la moins intermittente en France (il y a plus de vent que de soleil).

 

1.5. Les opportunités d’investir dans l’éolien en France

 

  • Il y a actuellement moins de parcs à construire : plus de 1200 MW/an avant 2010, moins de 800 MW/an actuellement. Mais 800 MW, c’est tout de même environ 400 nouvelles machines chaque année et ça devrait repartir dans les années à venir.
  • Les banques étant plus frileuses pour prêter et les PME ayant aussi moins de fonds propres, l’ouverture du capital des parcs est de plus en plus courant.

 

2. Concrètement : comment on trouve un investissement dans un parc éolien ?

 

Statistiquement, s’il y a une moyenne de 5 éoliennes par parc et qu’on construit 400 éoliennes chaque année, il y a 80 parcs à construire. Si 10% de ces parcs ouvrent leur capital aux épargnants, il doit y avoir à peu près 8 opportunités par an en France. Bref, il faut trouver !

 

Comment on fait ?

Si on est du métier, on voit passer ces opportunité dans notre boîte. C’est mon cas !

Sinon… bonne nouvelle, je vous donne des pistes !

 

2.1. Investir directement dans un parc éolien

 

C’est à mon avis la meilleure solution. Le problème, c’est qu’il faut connaître les projets. A ma connaissance, il existe plusieurs sites qui recensent les projet ouverts au financement :

Avec ces sites, vous trouvez déjà quelques informations.

 

Vous pouvez aussi prêter directement sur des projet comme sur la plateforme Lendosphère. A titre personnel, j’ai d’ailleurs investi par ce biais.

 

2.2. Investir dans les sociétés qui font de l’éolien

 

Beaucoup d’entre elles sont côtés en bourse : EDF EN, Theolia, Vergnet, Voltalia…. Mais on passe dans de l’investissement boursier et non plus dans de l’investissement de projet.

 

2.3. Investir dans des fonds de capital risque dédié aux énergies renouvelables

 

Ces sociétés collectent des fonds et choisissent les projets dans lesquels ils vont investir : par exemple Finasol. Cela peut être des parcs éoliens, des sociétés qui développent de l’éolien…

Là, il s’agit plutôt de l’investissement en fonds communs de placements.

 

3. Que faut-il regarder pour s’assurer de la qualité de son investissement dans un parc éolien ?

 

Un peu comme lorsqu’on achète un bien immobilier, il vaut s’assurer d’un certain nombre de point clefs pour ne pas rater son investissement.

 

3.1. Le productible du parc éolien.

 

Le productible, c’est la production attendue. C’est un calcul compliqué basé sur :

  • les données de vents.
  • les caractéristiques de la machine choisie.

 

En général, le productible est présenté sous la forme suivante :

  • X MWh* en P90
  • Y MWh en P75
  • Z MWh en P50

Qu’est ce que ça veut dire ? en fait, il s’agit de statistique P90 veut dire que la production de X MWh sera dépassée 90% des années, P75 et P50, respectivement 3/4 du temps et la moitié du temps.

 

*MWh = Méga Watt heure, c’est l’unité de production d’électricité.

 

Par exemple, on vous propose d’investir dans un parc de 5 machines de 2 MW** avec les productible annuels attendus suivants :

  • 21 000 MWh en P90 implique que cette valeur sera normalement dépassée 9 années sur 10.
  • 23 000 MWh en P90 implique que cette valeur sera normalement dépassée 3 années sur 4.
  • 25 000 MWh en P50 implique que cette valeur sera normalement dépassée 1 années sur 2.

**MW = Méga Watt, c’est la capacité installée.

 

Pour être sécuritaire, je conseille de faire vos calculs sur le P90 au pire sur le P75. En effet, si le P50 paraît être une médiane intéressante, il n’intègre pas d’éventuelles grosses pannes d’une machine ou d’autres événements de ce genre.

 

Pour vous donner un bon ordre d’idée, investissez de préférence dans les parcs ou le productible attendu en P90 est supérieur à 2000 MWh par MW installé. C’est à dire, si le parc a une capacité de 10 MW, le productible annuel attendu doit être supérieur à 20 000 MWh.

3.2. Le choix de l’éolienne

 

Il y a d’abord la taille de l’éolienne : privilégiez les grandes machines qui seront plus performantes que les petites.

Par grandes machines, j’entends :

  • Diamètre > 80 m
  • Hauteur au moyeu > 80 m
  • Puissance > 2 MW

 

Il faut ensuite faire attention au constructeur de l’éolienne. Certains ont une meilleur réputation que d’autre :

  • ENERCON ou SIEMENS sont des fabricants assez haut de gamme. Attention, les machines sont aussi plus chères.
  • VESTAS, NORDEX ou GAMESSA seront meilleur marché mais moins fiables.
  • Évitez les marques chinoise ou indienne pour l’instant.

 

3.3. Le lieu d’implantation

 

Il y a une certaine redondance avec le 1er point : Évidemment si on est en Camargue, on aura plus de vent qu’en Lorraine. Mais le lieu est important pour d’autres critères :

  • Forêts : implique des turbulences et des vents moins forts donc une moins bonne production et plus d’usure. De plus, il risque d’y avoir des mesures d’arrêts des machines à certaines heures pour des oiseaux ou des chauves souris.
  • Montagne : si elle peuvent permettre d’avoir des vents plus forts, les montagnes sont aussi des sources de turbulences.
  • Habitations : si les éoliennes sont trop proches des habitation, il peut y avoir des arrêts de certaines machines à certaines heures pour des raison d’effet acoustiques ou stroboscopiques (ombre des pales qui passent devant le soleil et se projettent sur une habitation.

 

N’hésitez pas à demander l’étude d’impact au développeur.

 

3.4. Raccordement au réseau

 

Il est possible que le réseau électrique soit :

  • Loin du parc : cela impliquer un surcoût de raccordement.
  • En manque de capacité : cela impliquera un risque d’arrêt des éoliennes lorsque le réseau est saturé.

 

Là encore, le développeur à connaissance de cela et doit vous le communiquer !

 

3.5. Fondations spéciales

 

Une fondation de base pour une éolienne de 2 MW coûte environ 120 000 €. Mais le coût peut doubler si le sol est mauvais ! Sur un parc de 5 machines, cela peut représenter un sur-investissement de près de 500 000 € !

 

3.6. Mesures compensatoires

 

Attention, le parc éolien s’accompagne souvent de mesures compensatoires : plantation de haies, création de mare, isolation, subventions diverses aux communes alentours. Normalement le coût est faible. Mais certains développeurs veulent se montrer trop généreux ou n’ont pas bien identifier les conséquences financières de leurs engagements. Regardez donc bien le budget alloué à ces mesures

 

3.7. Montant de l’investissement de manière générale

 

Pour vous donner un bon ordre d’idée, en dessous de 1,5 million d’euros par MW installés, c’est plutôt intéressant, au dessus, cela le devient moins.

 

Conclusion

 

J’espère que je ne vous ai pas trop noyé au cours de ces trois articles. Ce qu’il faut retenir :

  • Bonne rentabilité possible.
  • Marche de niche qui n’est pas forcement facile d’accès.
  • Faible risque sur l’avenir : car ne dépend pas des prix des matières premières.
  • Durée d’engagement longue
  • Investissement éthique, écologique et durable.

 

Dans un prochain article j’interviewerai une personne qui a déjà investi dans l’éolien.

Êtes vous prêts à investir dans un parc éolien ?


Vous souhaitez faire construire une maison passive en Normandie ou rénover votre habitat en Normandie, contactez moi, je peux vous aider.

(14 commentaires)

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  1. Hervé d'argentinvestir.com

    Bonjour,

    L’éolien est un domaine particulier, si on n’y connait rien, il vaut peut être mieux délégué la gestion.
    Hervé d’argentinvestir.com Articles récents…Placement dans l’Or ? Il est « l’Or » de faire le point !My Profile

  2. Gwen

    Salut et merci pour l’ensemble des 3 articles.
    C’est un investissement qui permet aussi de ressentir une certaine satisfaction personnelle étant donnée sa nature écologique. J’avais regardé aussi l’investissement sur cheptel… Mais pour le moment je lance la machine avec l’immo.
    Il nous reste à voir si tu t’es toi-même convaincu… et si tu te lances!
    Gwen Articles récents…1er investissement locatif!My Profile

    1. Quentin

      Pour l’instant, je ne me suis pas lancé, j’ai une opportunité à étudier en Juin prochain. Mais le ticket d’entrée risque d’être élevé. Mon problème étant mon manque de liquidité actuel. Mes deux voisins de bureau l’ont fait et en sont content.

  3. Andy

    de mon point de vue, c’est une bonne chose d’investir dans les éoliennes, c’est une source d’énergie inépuisable. De plus, en dehors du temps qui semble alarmer tout le monde, il est sûr que tôt ou tard l’on récupérera l’investissement que l’on a fait au départ.

  4. Hélène

    Je pense qu’il s’agit d’un nouvel investissement qui peut séduire de nombreuses personnes ! C’est une niche qui doit se faire connaître.
    Hélène Articles récents…meilleurs placements 2014 : quel support choisir ?My Profile

  5. MiTSCH

    Investissons ensemble dans l’économie locale (de 5€ à 5000€)
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    serait octroyée les 5 premières années. Nous espérons pouvoir distribuer, après 5 ans, un dividende de 3%.

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  6. lelièvre

    Bonjour,

    Je souhaite avoir différents renseignements sur l’achat de parts d’éolienne.
    – droit d’entrée
    – prix de la part
    – rapport sur les 3 dernières années
    – investissement minimum
    – durée minimum et maximum de l’investissement
    – crédit d’impôt
    – défiscalisation
    – est-il possible de faire l’achat de part seulement lors de la mise en service
    – sinon quel délai d’attente entre l’investissement/la mise en service
    – y a-t-il actuellement des parts à vendre sur le marché ?
    – et le rapport sur investissement
    – est-il possible de connaitre les projets à venir
    – de faire son choix en fonction de sa région choisie ( exemple la Beauce )
    – est-il possible de panaché son investissement sur deux projets de régions différentes.

    1. Quentin

      Bonjour,

      Tout d’abord, il faut bien se retenir qu’il existe différentes façons d’investir dans l’éolien, ce qui implique une réponse plus complexe. Déjà, deux formes d’investissement : prêter de l’argent ou acheter des parts. Lorsqu’on prête de l’argent, il y a un taux d’intérêt fixé à l’avance et un remboursement prévu (avec un petit risque de ne pas être remboursé), par contre, vous n’êtes pas propriétaire du projet sur lequel vous investissez. En achetant des parts, vous êtes propriétaire d’une partie de la société, vous avez donc droit de participer aux décisions. Votre investissement peut prendre ou perdre de la valeur dans le temps, un dividende peut vous être versé lorsqu’il y a bénéfice.

      Ensuite, il y a différentes façons d’investir :
      – prendre des parts ou des obligations d’une société qui fait de l’éolien. Vous n’investissez pas directement sur les projets mais sur des société qui les possèdent.
      – Investir dans des fond de placement disant faire de l’éolien (je déconseille ces montage opaques pour l’investisseur).
      – prendre des parts ou des obligations directement sur des parcs éoliens.

      Revenons sur le dernier point, qui est de loin le plus intéressant. Comment faire ?
      – Soit vous avez des contacts dans les sociétés qui montent les projets, et alors vous avez la possibilité d’investir directement. Mais ce cas est rare (bien que le gars qui travaille a un mètre de moi l’a fait).
      – Soit vous passez par des plateformes qui facilitent l’accès comme Lendosphère (pour les prêts) ou énergie partagée (pour les parts).

      Dans le cas de Lendosphère, vous investissez en prêtant à des projets : vous pouvez prêter de toutes petites sommes et les droits d’entrée sont nuls. En général, il s’agit de prêts peu risqués de courte durée. A titre personnel, j’ai investi sur cette plateforme dans trois projets éoliens et un projet humanitaire en Afrique. Les rendements varient entre 4 et 6% brut.

      Sur énergie partagée, vous pouvez investir sans vous fixer sur un projet ou en le précisant. Vous avez alors des parts et vous êtes rémunérés en dividendes (s’il y a des bénéfices et que ceux-ci sont redistribués).
      Les modalités et durées de placement sont écrites sur ces sites. Vous trouverez réponses à toutes les questions que vous posez.

      Un exemple concret, mon associé a investi directement dans un parc en 2007. Le ticket d’entrée était de 6000 € (les tickets d’entrées sont souvent moindre sur les plateformes). Jusqu’à présent, il n’a rien touché car les banques exigeaient qu’il n’y ait pas de dividendes versés avant le remboursement de certains prêts. En 2016, il va recevoir un premier dividende de 3000 € soit le retour de la moitié de son investissement. Il faut savoir aussi que l’éolienne a une durée de vie théorique de 20 ans. Donc normalement, la part vaut alors 0 au bout de 20 ans. Bref, si vous avez placé 1000 €, et que vous voulez 5%, il faut donc que vous receviez 1000 € (la baisse de la valeur de la part sur 20 ans + 2600 € d’intérêts et non seulement les 2600 € comme on pourrait le calculer dans l’immobilier).

      Si le parc dure plus de 20 ans, les années supplémentaires sont du bonus.

      1. mitsch

        pour les réponses:
        Inscrivez-vous sur notre site : http://www.enercoop.be

        – droit d’entrée: droit d’entrée entre 5 et 9%
        – prix de la part: à partir de 5 euros
        – rapport sur les 3 dernières années: création 2015, plan d’affaire 2015-2015 sur notre site
        – investissement minimum: 5, maximum 5000/personne, pas de limitation pour entreprise et association
        – durée minimum et maximum de l’investissement: 5 ans
        – crédit d’impôt: pas applicable
        – défiscalisation: 190€ de dividendes
        – est-il possible de faire l’achat de part seulement lors de la mise en service: oui, les 3 projets sont en construction ou déjà mis en service
        – sinon quel délai d’attente entre l’investissement/la mise en service: 1 an
        – y a-t-il actuellement des parts à vendre sur le marché ? non
        – et le rapport sur investissement: 3% (prévision réaliste de base)
        – est-il possible de connaitre les projets à venir: voir notre site
        – de faire son choix en fonction de sa région choisie ( exemple la Beauce ): Wallonie – France
        – est-il possible de panaché son investissement sur deux projets de régions différentes.: c’est une nécessite en bon père de famille, la coopérative diversifie ses actifs éoliens dans différentes régions.

        http://www.enercoop.be

  7. Arnaud

    Bonjour, est-il possible d’effectuer un investissement Outre-Mer sur un parc éolien ?

    1. Quentin

      ça doit se trouver…

  8. Christophe

    Bonjour,
    j’ai lu vos calculs et explications très édifiants. Merci de ce travail.

    Pour autant je suis inquiet sur le sens écologique réel de l’éolien et sur la rentabilité « macro ».

    On sait que le différentiel par rapport au prix électricité d’achat moyen sur le marché est financé par une avance trésorerie EDF et celle-ci lui est ensuite remboursée par une taxe sur toutes les consommations privées d’énergie facturées en France (gaz compris). Le tarif rachat renouvelable fait partie majeure du calcul de cette « contribution » CSPE. La contribution croît ainsi directement en fonction des développements intenses du renouvelable au point de faire près de 20% de supplément sur une facture normale en 2016.

    Comme il est beaucoup question d’éthique sociale et de planête sur votre site, je trouve donc intéressant au niveau « macro » de mettre – en regard du bénéfice investisseur – la part afférente à votre projet, de cet investissement subventionnée par le biais de la CSPE. Dans votre exemple, la subvention représenterait d’après le différentiel susmentionné tarif Enr / marché pour 44.000 GWh vendus annuellement en moyenne, 1,53 million x 15 ans, soit un montant supérieur au rendement net que vous estimiez à 1,05 x 20 ans.

    EN gros, ce modèle d’investissement nous donnerait donc « simplement » un moyen de lever une taxe sur nos concitoyens.

    Le problème macro que cause donc cette énergie particulière et son réseau supplémentaire c’est le fameux renchérissement de l’électricité que vous confirmez en général et la perte de pouvoir d’achat concomitante, problèmes qui constituent précisément – on le voit grâce à vos calculs – … un des atouts majeurs de votre investissement éolien! Les acteurs sont ainsi réunis pour entretenir le développement d’une bulle financière macro tout à fait délétère.

    On peut pousser l’analyse d’impact macro encore un peu plus loin et toujours sans voir d’avantage se profiler – au contraire, car il faudrait constater dans ce cas l’impact d’une perte de pouvoir d’achat sur la consommation des ménages, constater la baisse d’activité économique, la baisse de budget de l’État qui s’en suit, et l’endettement souverain en général dont on ne pourra plus sortir. Le bénéfice macro – qui devait compenser sur papier ces éléments négatifs à long terme et qui correspond aux visions de « Grenelle environnemental» que vous citez, ne semble pas davantage réaliste comme il assume les bénéfices macro d’une baisse d’émission de CO2 et par conséquent assume un « non-réchauffement » relatif de la planête. Cependant, le mix énergétique éolien/charbon a plutôt un impact inverse. Les derniers chiffres réels du CO2 planétaires sont d’ailleurs là pour confirmer toutes nos craintes à ce sujet… Quand au nucléaire lui-même, il n’a aucun besoin de l’éolien en terme d’impact climatique et son remplacement par un mix différent ne peut donc qu’avoir un impact climatique neutre ou négatif.

    Donc à moins de vouloir s’enrichir en détruisant l’économie du pays, je ne vois pas bien le pouvoir de séduction de l’investissement éolien. Pas plus que je ne le voyais dans la titrisation des hypothèques « sub-prime » naguère.

    1. Quentin

      Le discours du lobbyiste est excellent, mais très faux.
      Le différentiel du prix des énergies renouvelables est effectivement inclue dans la CSPE. La majeure partie vient du solaire suite à une lois délirante sur le tarif d’achat dans la fin des années 2000. Pour le reste, le différentiel est très faible.
      D’ailleurs pour l’éolien (en phase d’amortissement), le prix de revient est entre 6 et 8 centimes le kWh, soit inférieur au prix de reviens du nucléaire (en phase d’amortissement aussi) et inférieur aussi au prix que vous payé à EDF. Au delà de la durée d’amortissement (20 ans pour l’éolien et 40 ans pour le nucléaire), le prix de reviens de l’éolien chute plus que celui du nucléaire. Comparé aux autres énergies, le prix de reviens du courant éolien est supérieur à celui du gaz et à celui des barrages, mais inférieur à tous les autres.

      Vous critiquez le mix éolien charbon allemand. C’est d’ailleurs là aussi très faux, les allemands ont baissé la par du charbon dans leur mix qui est composé de Charbon (historiquement très haut), de nucléaire, de gaz, d’hydraulique, d’éolien, de solaire, de biomasse et de plein d’autres choses… Et les émissions de CO2 de l’Allemagne baissent d’année en année.

      Parlons maintenant du vrai prix du nucléaire : quand l’état va devoir réinjecter 5 Milliards dans Aréva et EDF, ce n’est pas le contribuable qui paye. Et la recherche, c’était pas sur des budget militaires ? et le démantèlement qui va le payer ? Et le traitement des déchets sur le long terme ? Mis bout à bout, la facture… Quand à l’éthique, entre l’achat de mines ou il n’y a rien et les conditions de travail proches de l’esclavage au Niger, j’ai des doutes sur l’éthique.
      Désolé, mais si l’éolien est loin d’être parfait, entre une action chez EDF ou un autre qui fait bosser des enfants ou pousser des OGM ou une part d’un parc éolien… J’ai déjà choisi.

  9. Christophe

    Vous vous êtes déclaré (du moins en partie) – je veux bien le faire aussi : Lobbyiste, non. Je ne possède aujourd’hui aucune action ni revenus de l’éolien, l’armement, le pétrole ou le nucléaire, mais si j’étais convaincu de ce que ce serait des secteurs d’avenir bien gérés, je m’y intéresserait.

    Je précise mes doutes comme vous avez la bonté de m’y inviter sur votre propre blog : le montant de l’éolien dans la CSPE dépasse maintenant quand même les 900 millions (CSPE 2015 =6,3 Mrds) annuels… cela correspond donc d’après vos calculs au financement annuel intégral de 4200 éoliennes – tendance à croissance exponentielle (voir rapport du CRE cité à l’assemblée nationale http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-enq/r2618.asp ). Vous affirmez néanmoins que le différentiel alloué par cspe en France est faible. Tout est relatif en effet.

    Vous dites le prix de revient de 8c / Kwh pour léolien serait compétitif. …peut-être, mais seulement s’il était comparable.

    Pour une fois on oublie que l’éolien est « décentralisé » et que cette moyenne nationale n’a pas la même valeur qu’en énergie thermique. Cela vaut pour les régions nord et sud peut-être, mais en moyenne… chaque implantation est différente. Des régions jugées auparavant indigne des subventions faute de vent (Auvergne) se retrouvent aujourd’hui miraculeusement assaillies par les promoteurs. Quant au placement des machines il se fait de préférence dans les bois, (contrairement à vos recommandations et à celles des défenseurs de la nature – en effet). Ensuite parlons de l’intermittance. Il est beau de dire que l’éolien est compétitif… mais c’est seulement quand il veut bien. Soit 25% de l’année. Cette intermittence à un coup sur le marché, qu’il vous plait d’ignorer.

    Vous parlez ensuite du succès de l’Allemagne dans la lutte contre les émissions carbone. Passons les détails complexes sur son mix. Sa production de houille ne baisse pas. D’abord je ne vois pas comment sa politique énergétique peut servir de modèle à ce qui se dessine pour la France étant donné que la France actuelle est bien plus vertueuse à cause de son investissement nucléaire passé et de l’accès à l’énergie donné à tous ses citoyens. La relation entre part d’EnR dans la production nationale électrique et coût consommateur est pertinemment bien établie au niveau international..

    Pire, le modèle allemand est loin d’être applicable au reste de la planête pour d’autres raisons corollaires encore plus graves : ce prétendu succès environnemental (relativement à elle-même uniquement) est bien la cause des coûts d’électricité facturés les plus élevés du monde. 77% d’augmentation depuis 2000 d’après Wikipedia.

    Soit, l’Allemagne – économie la plus riche d’Europe – sacrifie donc sa population la plus précaire pour rester première de classe en co2 http://www.bmwi.de/BMWi/Redaktion/Bilder/Energie/Energiedaten/energie-daten-energie-und-umwelt-grafik-1,property=bild,bereich=bmwi2012,sprache=de.jpg. Son investissement direct correspond lui-même à plusieurs centaines de milliards. Mais c’est le principe du crédit : les citoyens le paieront… plus tard. Tout comme sa dette nationale de 2000 milliards. Ou l’Etat fait défaut.

    Même la France deuxième économie d’Europe, n’a pas des structures économiques suffisamment forte pour suivre ce modèle je crois (comment affirmer que le renchérissement du prix de l’énergie va profiter à la santé ses entreprises – c’est le contraire qui serait logique). Alors que dire des autres pays encore moins riches? Cependant l’éolien produit progresse mondialement de manière impressionnante en terme nominal. Les raisons sont plus ou moins bonnes selon les régions. Pourtant au niveau planétaire des émissions, le graphique suivant vous donne un aperçu de l’échec de ce développement éolien poussé par la politique, l’Allemagne en tête . Résultat ici : https://pbs.twimg.com/media/CfTy1VjVIAAtK_1.jpg

    Le nucléaire est horriblement géré ceci dit, j’en conviens volontiers. Ceci dit, tout comme Lauvergeon, Engie et EDF ont mis les doigts partout, y compris largement dans le pot de confiture éolienne (EDF Energie Nouvelle aura couté 700 millions d’euro) à nos frais. Mais c’est un autre débat. Moi je vous parlais de principes macro-économiques plus ou moins durables.

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