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Sep 07

La Bourse : à quoi ça sert ?

 

 

A quoi sert la bourse ? Une question qui jusqu’à présent me semblaient évidente. Mais lors d’un repas de famille durant mes vacances, je me suis rendu compte que nombre de nos concitoyens ont des lacunes dans le domaine.

« La bourse ? c’est des traders qui pillent les fleurons de l’industrie »

 

Un soir d’Août comme les autres, à table, nous discutions en famille au sujet de la création prochaine de mon entreprise. Au cours de la conversation, nous en sommes venu à parler de l’un de mes amis (Monsieur B.), lui-même chef d’entreprise dans les énergies renouvelables. Extrait :

[Belle Maman] : Et il travaille sur quoi en ce moment Monsieur B. ?

[Moi] : Il projette de rentrer en Bourse, il a besoins de capitaux pour développer sa nouvelle branche d’activité.

[Joli-Papa] (en s’étouffant dans son verre d’eau) : Quoi ? Mais il est fou, des traders vont prendre le contrôle de sa boîte !

[Moi] : Bah non, il a juste besoin de capitaux et il compte garder la main.

[Joli-Papa] : Garder la main, mais c’est impossible, dès lors qu’on est en bourse on est à la merci de traders qui pillent les fleurons de notre industrie !

 

Je passe la suite qui a tourné au dialogue de sourds. J’ai même entendu que les traders pouvait démanteler EDF malgré les 85% de parts de l’état.

 

De quels moyens disposent-on pour financer une entreprise ?

 

En général, le quidam lambda, voit la bourse comme un jeu de yoyo avec l’argent d’épargnants : des entreprises dont le cours monte, puis descend au gré des annonces internes ou externes. Des traders en lignes qui achètent à crédit ou qui jouent la baisse…

 

Ce qui est bizarre, c’est que personne ne sait pourquoi on entre en bourse. On a l’impression que l’entrée en bourse est une sorte de suicide pour l’entreprise, jusque là stable qui devient ensuite ingérable car mise sous la pression de rentabilité des actionnaires.

 

Revenons donc à la base, comment financer une entreprise ?

Un entrepreneur, c’est une personne qui a des idées, mais qui (trop souvent) n’a pas l’argent pour les financer. Évidemment, comme la dépense précède toujours le gain (on doit acheter la matière première puis fabriquer un objet, avant enfin de le vendre).

 

Le crédit bancaire et les obligations.

 

Il y a longtemps, le crédit était interdit par les religions. Par conséquent, les seuls qui pouvait créer de la richesse étaient ceux qui avait de l’argent. Il fallait alors avoir les fonds et l’idée. Le problème c’est que si l’idée géniale venait d’un pauvre, elle ne pouvait pas être mise en application. Ainsi, durant des siècles, l’économie ne générait de la richesse que très lentement.

Avec l’apparition du crédit bancaire, il a été possible a un entrepreneur de disposer du capital nécessaire pour démarrer… A condition de le rembourser rubis sur l’ongle, augmenté des intérêts. Il vient donc nécessairement un besoin de rentabilité immédiate !

 

Admettons que la banque prête à l’entrepreneur sur 15 ans à 5%, l’entreprise devra dégager près de 10% de marge pour rembourser le capital plus les intérêts et cela dès la première année. Le coût total pour l’entreprise en intérêts sera de plus de 40 % du capital emprunté !

 

Pour les obligations, ils s’agit à peu près du même problème : certes le prêteur n’est plus la banque, mais il faut tout de même rembourser à l’échéance.

 

Financer l’entreprise par une introduction en Bourse ?

 

Pour bien cadrer les choses, je vais prendre une exemple que je connais bien : une entreprise de développement de parcs éoliens. Pour développer un parc éolien, il faut environ 8 ans et près de un million d’euros.

Ensuite, lorsque ce parc a été développé, il y a deux possibilités :

  • Vendre les droits à construire.
  • Construire soi-même le parc pour ensuite l’exploiter et récupérer les revenus de vente de l’électricité. Dans ce cas, il faut encore investir plusieurs millions d’euros et attendre 2 ans de plus.

Aucun banquier ne vous accordera un prêt dont vous ne pourrez effectuer le premier remboursement que dans 6 à 8 ans ! Par ailleurs, le jeux des intérêts intercalaires impliquerait de rembourser plus du double de l’investissement.

 

Que peut faire alors ce type d’entrepreneur ? La solution est de faire entrer des personnes qui ont de l’argent au capital. Évidemment, l’entrée au capital suggère aussi droit de vote au conseil d’administration.

Il peu y avoir l’entrée d’un ou deux gros investisseurs providentiels, mais on peut aussi faire une introduction en bourse. Il y aura alors, plusieurs petits investisseurs. L’avantage étant que les petits investisseurs seront plus disposés à vous laisser les rênes de votre société.

 

L’introduction en bourse vue de l’entrepreneur

 

Lors de l’introduction en Bourse, l’entrepreneur voit arriver des capitaux pour financer son développement. L’avantage, c’est qu’il n’aura pas de remboursement à effectuer. L’inconvénient, est qu’il cède tout ou partie de sa société à des investisseurs.

Évidemment, il peut décider de garder la majorité et donc de je jamais être inquiété dans ses choix stratégiques.

Attention, contrairement à ce qu’on croit, le capital n’est versé qu’une fois. Si l’entreprise lève un million d’euros à son introduction en bourse, elle a un million d’euros sur son compte pour faire ce qu’elle veut. Si le cours chute de moitié après, ce sont les actionnaires qui y seront de leur poche, pas l’entreprise.

 

L’introduction en Bourse vue de l’actionnaire

 

L’actionnaire qui investi lors d’une introduction en bourse donne directement son argent à l’entreprise. Par ce biais, il achète une partie de la société dans laquelle il investit.

Qu’a-il à gagner ?

Si l’entreprise fonctionne bien et fait des bénéfice, il pourra peut-être toucher un dividende. Si l’entreprise se développe, il pourra aussi revendre ses actions un meilleur prix.

Par contre, si l’entreprise coule, il perd tout. Il doit aussi s’attendre à ne pas être rémunéré immédiatement en dividendes.

 

La vie de l’entreprise une fois cotée en bourse

 

Une fois côté en bourse, l’entrepreneur n’a pas grand intérêt à regarder l’évolution du cours de sa société, puisqu’il a déjà été payé. L’intérêt pour lui est de voir à quel niveau les investisseur le valorise, c’est donc un indicateur de santé parmi d’autre.

 

L’actionnaire, il peut revendre ses actions, à un autre actionnaire. S’il y a beaucoup de vendeurs et peu d’acheteur, le cours baisse, à l’inverse, le cours monte. En général, si l’entreprise va bien, il y a du monde pour acheter et le cours monte.

 

La bourse vous paraît-elle plus claire ?

 

 

 

 

(5 commentaires)

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  1. k&c

    Attention, toutefois, certaines entreprises qui s’introduisent en bourse ne vendent … que des actions.
    Après 2 ou 3 augmentation de capital, l’entreprise fait faillite. Entre temps, les actions ont servi à payer le salaire mirobolant du PDG.
    Bon c’est moins d’actualité aujourd’hui mais ça s’est beaucoup pratiqué au début des années 2000

    1. Quentin

      ça se pratique toujours ! Mais je n’ai pas le droit d’en dire plus…

  2. John Alright

    La bourse n’est bien entendu pas à la portée de toutes les entreprises. Il existe malgré tout beaucoup de régulations et de documents qu’il faut produire pour faire son entrée en bourse. De plus cela coûte et il faut aussi avoir convaincu un « underwriter » de vendre vos actions pour vous avant le jour officiel de rentrée en bourse.

  3. Laurent L

    La Bourse n’est pas le moyen le plus facile pour s’enrichir car le domaine demande des compétences non négligeable. Il ne faut pas se faire avoir par certaines publicités ou vidéos trompeuses. Pour les débutants il existe ce qu’on appel les produits dérivés, plus maniables et plus facile. Cependant une petite formation est toujours appréciée.
    Laurent L Articles récents…2015 sera l’année de l’or.My Profile

    1. Quentin

      tout de même, je trouve que la bourse est assez efficace et a le mérite d’être un investissement qu’on peut réaliser derrière son PC. Évidemment, cela demande un peu de renseignements !

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